Mobilisation du financement de Manantali II: Le Haut-Commissaire de l'OMVS préside une réunion du comité conjoint à Manantali

  • réunion du comité conjoint pour la table ronde Manantali 2 11 aout 2017
  • réunion du comité conjoint pour la table ronde Manantali 2 11 aout 2017
  • visite du complexe de Manantali par le Haut Commissaire de l'Omvs
  • visite du complexe de Manantali par le Haut Commissaire de l'Omvs

C’est au pas de charge que le Haut-Commissaire de l’OMVS, M. Hamed Diane Séméga vient d’effectuer une visite à Manantali les 11 et 12 août 2017, en compagnie du Directeur général de la Société de Gestion et d’exploitation de l’Energie de Manantali, SOGEM, M. Tamsir Ndiaye, et de leurs collaborateurs respectifs. Une visite aux multiples facettes, où les enjeux managériaux, pédagogiques, et communicationnels étaient étroitement liés.

M. Séméga était venu présider la 6ème réunion du comité conjoint Haut-commissariat/SOGEM en charge de la préparation de la Table des bailleurs de fonds pour boucler le financement du Projet de réhabilitation et d’extension du réseau de transport Energie de l’OMVS, communément appelé Projet Manantali II. Première réunion du comité conjoint depuis sa prise de fonction le 19 juin 2017, il s’agissait avant tout pour le Haut-Commissaire d’évaluer avec la SOGEM la meilleure stratégie pour la mobilisation du financement complémentaire pour le projet Manantali II dans les meilleurs délais.

Il faut dire que le projet Manantali II est une priorité absolue, car, comme l’a souligné avec insistance le patron de l’OMVS tout au long de sa visite, le Réseau de transport d’énergie de Manantali (RIMA) est l’épine dorsale du système de production, d’acheminement et de partage de l’énergie de l’OMVS. Aujourd’hui , il montre des signes de faiblesses, sa réhabilitation est indispensable pour assurer la continuité du service, c’est-à-dire l’approvisionnement des sociétés nationales d’électricité (SENELEC, SOMELEC, et EDM, clients de la SOGEM) en électricité.

Le second enjeu est le renforcement du réseau notamment par la création de nouvelles lignes pour évacuer le productible des futurs ouvrages de l’OMVS, les plus imminents étant le complexe hydroélectrique de Gouina (en cours de construction) et  celui Koukoutamba en territoire guinéen (le choix de l’entrepreneur pour la construction est en cours).

Aujourd’hui , l’OMVS a entamé la réhabilitation sur fonds propres, et deux  des trois nouvelles lignes jugées prioritaires ont trouvé un financement : Kayes-Tambacounda (260km) avec la Banque mondiale, pour un montant de 60 milliards CFA ; Manantali-Kita-Bamako (300km) avec l’Agence Française de Développement, pour un montant de 69,5 milliards CFA. Il reste donc à trouver environ 137,5 milliards de francs CFA dont 102,5 milliards pour le financement de la ligne prioritaire Kayes-Yélimané-Tintane-Kiffa (450km)et de certains travaux de réhabilitation des ouvrages existants.   

Le comité conjoint a retenu la date provisoire du 30 novembre 2017 et arrêté une feuille de route pour l’organisation d’une table ronde des bailleurs destinée à mobiliser ce financement complémentaire.

 « Je veux être près du sujet »

Dans la foulée de la réunion du comité conjoint, la délégation a visité les principales installations du complexe et écouté avec un vif intérêt les explications prodiguées par les ingénieurs et techniciens du site : la centrale dont les groupes sont en cours de réparation, le dispatching, les postes transformateurs, la salle de commandes véritable cerveau du système qui gère le trafic sur le réseau…et également profité de la vue sublime.  Cette visite du Haut-commissaire a été vivement appréciée par les personnels, qui y ont vu une volonté d’écouter et de donner un nouveau souffle aux activités dans tout le système.

Sans doute n’ont-ils pas tort, car si l’objectif premier de ce déplacement était la tenue de la réunion du comité conjoint, sa tenue sur le site même de Manantali est riche de symboles. Il s’agit aussi de « remobiliser les troupes », d’insuffler dans tout le système une dynamique, une synergie des actions notamment entre les instances dirigeantes de l’OMVS, afin que le « système marche ensemble pour aller loin » ; et cette synergie doit être aussi bien technique, qu’administrative et politique.

Il y a également là certainement un style de management, qui croit aux vertus du terrain, puisque M. Séméga avait déjà visité plusieurs fois Manantali, (rappelons qu’il a dirigé pendant plusieurs années le département de l’Energie dans le gouvernent Malien), et que cette visite intervient après celle du mois de juillet 2017 au barrage de Diama ;  « je veux être près du sujet » déclare t’il d’ailleurs avec force quand on l’interpelle à ce propos.  Il ajoutera d’ailleurs que cette visite avait aussi un objectif pédagogique : permettre à certains de ses collaborateurs qui n’ont pas eu l’occasion de se rendre sur le terrain de toucher du doigt la réalité et de l’intégrer dans leur démarche de travail.  

 « Nous n’avons que le barrage !»

Les autorités locales et les représentants des jeunes des localités environnantes ont réservé un accueil chaleureux à la délégation de l’OMVS. Rien d’étonnant à cela, quand on connait les très grandes attentes des populations envers l’OMVS, que le Haut-Commissaire Séméga et ses collaborateurs ont pu encore vérifier à l’occasion des échanges avec les personnalités locales, qu’il s’agisse des maires des communes environnantes venus l’accueillir à son arrivée, ou du chef de village de Manantali, à qui il a rendu une visite de courtoisie.

Tout en exprimant sa profonde gratitude pour les bienfaits incontestables du barrage (électrification des villages environnants, emplois locaux) et des œuvres sociales de la SOGEM (adduction d’eau potable, construction de la mosquée, don d’ambulance, entre autres), le Chef de village a plaidé pour la mise en place de petites industries, l’accueil et la formation des jeunes afin d’atténuer le fléau du chômage. Autre doléance largement partagée : la réhabilitation de la route d’accès au barrage, quasiment impraticable, surtout en cette période d’hivernage où le convoi de l’OMVS a mis près de 3 heures pour franchir les 100 derniers km !

M. Séméga a affirmé sa détermination à faire, en rapport avec le Directeur général de la SOGEM, « rien que ce qui est possible, mais tout ce qui est possible », en réponse au cri du cœur poussé par le Chef Fakoura Cissokho: « nous n’avons que le barrage » !