Les Rencontres Eurafricaines : l’OMVS, un exemple de coopération transfrontalière

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Les Rencontres Eurafricaines : l’OMVS, un exemple de coopération transfrontalière

L’édition 2018 des Entretiens Eurafricains de Dakar se tient en ce moment à Dakar prolongeant celle de Paris de l’année dernière. Ces rencontres eurafricaines ont l’ambition de créer un espace de dialogue entre les décideurs africains et européens et promouvoir des sujets liés à l’économie, la bonne gouvernance ou la société civile africaine.
« L’OMVS, une belle réussite africaine »
C’est dans ce contexte, que le Haut-Commissaire de l’OMVS M. Hamed Diane SEMEGA a animé une « audition », ce matin, portant sur le thème « la mise en valeur du fleuve Sénégal, un projet transfrontalier ». C’était l’occasion pour lui de décliner sa vision de l’organisation tout en soulignant les blocages liés à la surexploitation du fleuve Sénégal. Dans son audition, M. SEMEGA a salué la vision des pères fondateurs dans un contexte mondial de crise pétrolière et de sécheresse généralisée. Il a insisté sur la responsabilité de l’OMVS dans la prise en charge du changement climatique, notamment, à travers la sensibilisation des populations du bassin du fleuve Sénégal sur les problématiques de l’eau que le PGIRE 2 (Programme de Gestion Intégrée des Ressources en Eau-phase 2), pilote à côté d’autres projets liés à la lutte contre les maladies tropicales négligées ou à l’irrigation. Cette gestion intégrée de l’Eau entre quatre pays (Le Mali, Le Sénégal, La Mauritanie et le Guinée) est aux yeux du Haut-Commissaire la preuve d’une « belle réussite africaine » et qui a valu à l’OMVS d’être distingué comme le premier bassin au monde. Derrière cette distinction de l’OMVS, M. SEMEGA y voit une récompense pour l’implication des pays membres de l’organisation dans la construction de la stabilité et de la paix entre les peuples.
A la suite de son audition le Haut-Commissaire SEMEGA a répondu à quelques questions de l’auditoire portant sur les partenaires financiers d l’OMVS ou sur l’impact environnemental des barrages dans les lieux de vie des populations ou enfin, sur la rareté de l’eau.
Concernant les partenaires financiers de l’OMVS, le Haut-Commissaire a salué la coopération fructueuse avec la Hollande, à travers différents volets, la Banque Mondiale à travers le PGIRE 2. Il a aussi encouragé la venue de nouveaux investisseurs, notamment, chinois ou indiens qui ont une expertise avérée sur les apports financiers et la construction d’infrastructures. Poursuivant sur sa lancée, il a montré les efforts entrepris par l’organisation pour diminuer ou atténuer l’impact environnemental de la construction des barrages. Dans ce sens, il a donné l’exemple de la construction d’un nouveau village à côté de Félou pour réinstaller les villageois impactés par ce dernier. Il a conclu son intervention en attirant l’attention de l’assistance sur la fragilité qui affecte les « têtes de source » comme le fouta djalon en Guinée dû à l’activité humaine. Le changement climatique est une réalité qui menace l’écosystème dans son ensemble.
Pour terminer sur une note positive, le Haut-Commissaire s’est félicité du choix de la Suisse de s’inspirer du modèle de gestion de l’OMVS à travers une coopération prochaine avec le RAOB (Réseau Africain des Organismes de Bassin).