Chenal navigable

  • Le Bou El Mogdad franchissant le barrage de Diama

L’OMVS a étudié et a mis en œuvre un programme de développement multisectoriel, basé sur la régularisation progressive des débits du fleuve Sénégal, par des barrages de retenues, destinés à augmenter les débits d'étiage au profit de l’agriculture et de la navigation et à produire une énergie hydroélectrique bon marché. Le barrage anti-sel et d’irrigation de Diama en aval et le barrage hydroélectrique et à buts multiples de Manantali en amont, sont les premiers maillons des ouvrages de maîtrise de la ressource en eau du fleuve.

Le fleuve Sénégal est alimenté essentiellement par les précipitations relativement abondantes du haut-bassin. Son régime est du type hydrologique tropical sec, avec une période de crue annuelle allant de juillet à octobre  et une période d’étiage s’étalant sur huit mois de l’année. Ce régime est caractérisé par des variations annuelles et interannuelles très marquées qui ont des incidences sur la navigabilité fluviale.

La section historiquement navigable du fleuve va de l’embouchure près de la ville de Saint-Louis (PK0) jusqu’à Kayes (PK948). Sur cette section, la largeur du lit mineur varie de 150 m à 600 m. En aval de Bakel (PK 816), le lit mineur englobe une zone d’inondation qui varie également de 10 à 25 km de large et s’étend jusqu’à Dagana (PK189). Par ailleurs, il existe de nombreux bras parallèles au cours principal du fleuve, dont le plus important est celui du Doué par lequel transitent les 44% du débit du fleuve. Ce bras secondaire va de Vending (PK 489) à Leboudou-Doué (244) et forme, avec le bras principal du fleuve, l’Ile Amorphyl qui constitue une vaste zone  enclavée en rive gauche.

La pente moyenne sur la section navigable est seulement de 2,5 cm/km, avec un maximum de 8 cm/km sur le secteur Kayes-Bakel et 0,5 cm/km dans le delta du fleuve en aval de Dagana.

Les vitesses du courant, en temps de crue varient de 3,5 km/h à 5 km/h, et, en temps d’étiage elles sont généralement inférieures à 1,5 km/h.

Les effets combinés de ces conditions naturelles jouent défavorablement sur la circulation des bateaux. En effet, sans les travaux d’aménagements envisagés et malgré la régularisation  des débits par Manantali et Diama, la section du fleuve historiquement navigable se décompose :

  • en deux secteurs de navigation permanente (12 mois/12) qui va de l’embouchure à Podor (PK 266) pour le secteur aval, avec un tirant d’eau garanti de 2,5 m et jusqu’à Boghé (PK366) pour le secteur amont qui ne garantit qu’un tirant d’eau d’au plus 1 m.
  • en plusieurs secteurs de navigation saisonnière au-delà de Boghé, marqués par des durées qui se réduisent en fonction de leur éloignement de l’embouchure. Ainsi, l’accès aux  escales fluviales amont et  au port d’Ambiédedi (905) ou de Kayes (PK 948) n’est possible qu’aux conditions de tirant d’eau garanti suivantes :
  • à 3 mois pour un tirant d’eau de 1,8 m ;
  • à 2 mois pour un tirant d’eau  de 3 m ;
  • à1 mois pour un tirant d’eau de 4,5m.

Dans le cadre du projet de Système Intégré de Transport Multimodal (SITRAM) des travaux sont entrepris pour approfondir le lit majeur du fleuve et créer un chenal navigable de 905 km, de l’embouchure au port fluvial d’Ambiédi,condition indispensable d’une navigation pérenne sur le fleuve Sénégal. Des ports, escales fluviales et appontements s’échelonneront le long du fleuve.