Association d' Usagers (AdU)

Pour une gestion coordonnée et équitable des ressources en eau du bassin du fleuve Sénégal, l’OMVS, s’applique depuis quelques années à asseoir les bases solides d’une gestion intégrée des ressources en eau et de l’environnement (GIRE). Celle-ci passe par une implication effective et élargie de l’ensemble des acteurs de l’eau envisageable grâce à l’émergence de structures participatives endogènes et dynamiques.

Une phase pilote a permis de tenter l’expérience grâce au Cofinancement accordé par le Royaume des Pays Bas dans le cadre du Projet GEF/BFS, pour prendre en compte de nouvelles préoccupations, telles que l'entretien des axes hydrauliques, la lutte anti-érosion ou la réalisation de systèmes d’approvisionnement en eau potable (AEP) et relier ces activités à la GIRE. La mise en place d'AdU associe ainsi dynamique de mobilisation des populations autour de la gestion des ressources en eau et implication dans la gestion et l'entretien d'un patrimoine.

Deux types d’Associations d’Usagers ont été créés : des AdU pour la GIRE dans le cadre de la lutte anti-érosive dans le Haut – Bassin et contre les plantes aquatiques nuisibles dans le Delta et des AdU pour la gestion d’Adduction d’Eau Potable (AEP). Créées pour rompre le contact Homme – Eau dans le cadre de la lutte contre la bilharziose, les AEP sont au nombre de cinq (5) et se trouvent à Sélinkégny et Mahinanding au Mali, à Birette en Mauritanie et enfin à Doune Baba Dièye et à Thiago au Sénégal.

Conduites sous la houlette de l'assistance technique en charge du processus, des séances de brainstorming ont permis aux usagers d’intégrer qu’il s’agissait non pas d’un processus de « sensibilisation pour créer des AdU » mais plutôt d’un appui à la réflexion collective pour les inciter à créer elles – mêmes des AdU si elles en ressentent la nécessité et à se préparer à poursuivre de façon autonome.

Le processus a été aussi marqué par des actions innovantes comme l’appui à la planification participative d’un programme d’activités « réalisables et réalistes » ou d’un plan de formation établi à la demande des usagers. A titre d’exemple, l’on peut citer comme activités « réalisables et réalistes » planifiées : le nettoiement des points d’accès pour l’abreuvement du bétail, le désensablement des rigoles d’évacuation des eaux de ruissellement, l’enlèvement du typha, reboisement et réalisation de cordons pierreux, etc. 

A noter également l’importante mobilisation des femmes et des jeunes, l’accent mis sur le principe de la représentativité plutôt que de la représentation facilitant ainsi la circulation de l’information, la promotion d’une vision plus globale des enjeux de gestion au lieu d’une vision limitée à l’axe hydraulique exploité.

 Autour d’une cinquantaine, toutes ces structures sont l’émanation autant de la volonté des usagers que de la politique participative prônée par l’OMVS. Elles vont d’une simple association d’usagers à des unions d’associations, des comités et autres fédérations. Situation actuelle:

  • 29 AdU GIRE
  • 2 Unions de producteurs
  • 1 Comité qui rassemble 3 AdU dans une AEP intervillageoise
  • 5 Unions d’AdU GIRE
  • Une fédération regroupant une Union d’AdU et 2 Unions de producteurs sur un axe hydraulique
  • 3 Comités de l’Eau pilote
  • 7 AdU AEP.